«Laissez
passer le messager ! Laissez passer le messager ! » clamaitSherva de sa voix
aiguëen se faufilant entrela foule qui stationnait au chevet du grand
cerf. En entendant ses mots, lapins, belettes, blaireaux et rongeurs entous genres lui frayèrent un chemin entre leurs
rangs, et l'écureuilparvint sans embûche au talus ou gisait le seigneur de la
forêt, lamine aigrie et le regard vitreux. A ces côtésune vieille
hase s'affairait avec des plantesaux vertus médicinales,préparant une rustiquedécoction qui pourraitcalmer la fièvre du roi.
- Bien-aimée majesté. Votreremède est prêt, annonça fièrement le
petit messager en se prosternant.
À ces mots la hase tendis l'oreille. Elle se désintéressa subitement de ses plantes
et dévisagea l'écureuil.
- Approchez, mon jeune ami.
Sherva s'exécuta.
- Vous dites que l'enfants'est endormie à l'oréede la forêt ?
- En effet, je viens vous faireparvenir la nouvelle. - Alors il n'y a pas uninstant à perdre.
La hase haussa la voix et clama à toute l'assemblée :
« Loyaux sujets, fidèles amis de sa majesté, les braves Camis etTimero ont trouvé la perle qui nous manquait pour le salut de notre bien-aimé seigneur. Venez, prenez la route avecnous, aidez-nous à porter notre roi. C'est d'une enfant endormie quedépend l'avenir du
grand cerfaujourd'hui, unpetit soleil qui lui redonnera la vie.
L'espoir nous sourit à nouveau. »
Elsea marchait toujours. Le bruit de sespas résonnait sur les dalles, et de minces
rayons de lune filtraiententre les murs. Le couloir la conduisit à unecour intérieure, surplombée par le ciel étoilé. L'astre du soir se baignait dans un bassin entouré de roseaux. Petite touche d'exotisme, un saule pleureur s'abreuvait dans le flot
limpide. Une lumière argentée émanait de l'eau silencieuse. Elsea eut
comme une impression de déjà vu, la lueur mystiquelui était familière.
Un goût de barbe à papapapillonnait sur sa langue. Cette eau était lamême. Et pourtant ce serait différent. Cettefois-ci elle ôterait sarobe de flanelle. Elleirait goûter la fraîcheur, elle offrirait sapeau nue à la source aimante sous l'œilcomplice de la lune. La belleSéléné veillait sur elle, blanche et
aussi ronde que les bulles quis'amassaient autour d'Elsea. Inondée de nuit,elle ferma les yeux ets'abandonna avec délice. Un sourire aux lèvres.
.. Une image, un rêve, une illusion peut-être.
.. La nuit me berce et loin de toute vie,
.. Par delà les étoiles je brille de tout mon être.
.. Délice du songe, douceur fébrile,
.. Je voyage sans crainte à travers la nuit,
.. Fugace évasion de bonheur volatile.
:
Flo "Chako Noir" & Beny the bandit, 2 lycéens et un peu de leur vie, de leurs projets, de leurs écrits, de leurs réalisations, de leurs parcours, de leurs productions...
bon ben un blog quoi!