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Un blog à vous?

Dimanche 6 avril 2008
J'ai chaud. Il fait noir. C'est douillet. Je me sens bien. J'étouffe, mais je me sens bien. L'obscurité me rassure. J'ai peur de la lumre. La lumière signifie que je dois partir. Partir en laissant tout derrière moi. Je suis forcé, on me force, quelqu'un que je ne connais pas me force à abandonner. C'est Dieu. Dieu s'agrippe à ma tête et la tire vers sa lumière. Mais je ne veux pas, moi! Ici il fait noir et c'est douillet. Certes ce n'est pas bien spatieux mais ça me convient, moi! Je ne veux pas! Je suis claustrophobe, j'ai peur d'être enfermé dehors, au secours, emprisonné dans la lumière, à l'aide! Personne ne m'aide.
La lumière se fait de plus en plus intense, je ne vois plus rien. J'ai peur du jour! Mes yeux me blent! Je pleure! Arrêtez! Je pleure parce que j'ai peur du jour et en plus il me fait mal à la tête ce con de dieu! Espèce de lâche, dégui en lumière, je ne peux te voir, et en plus de ça tu éprouves un malin plaisir à me torturer ainsi, à me forcer contre mon gré à quitter pour toujours mon domicile? Quel genre de dieu es-tu?

To
ut est de couleur lumière ici. La lumière c'est le néant, je ne peux pas la toucher, je ne peux pas la palper, la sentir, rien.
Mes
pieds tentent de s'accrocher à ce petit noir douillet, mais déjà c'est trop tard. La main de Dieu enserre ma tête et mes petits doigts sont bien trop faible pour ôter cet infâme étau de mon cne
.
Ça y
est, il n'y a plus de noir douillet. Jamais plus. Je suis entouré de jour, au secours, j'ai mal, je pleure, je respire. Mama
n.



Quelle heure est-il? Quelle heure? Quel pays? Quel jour? Quelle saison? Stop. Rostand est mort depuis des lustres, et moi je nais à peine. Que diable fais-je dans cette galère? Stop à nouveau. J'en suis au but, commençons par le début. Premier point : je pense donc je suis. Ça, c'est un bon départ. Qui suis-je? Heu... à première vue... ben... pas grand chose il semblerait. Un petit bout de chair rose avec une tête et deux bras, plus les pieds et un embryon d'appareil reproducteur masculin. Rapide état des lieux, cela dit d'un autre côté, et à en juger par la taille de mon entourage, je suis tout petit. Grand comme ma minuscule expérience de la vie, c'est-dire deux minutes. Je suis grand de deux minutes, et vu la taille du type qui me regarde, il doit bien avoir vécu trente ans de plus. Je ne suis qu'un infime morceau de temps, et de seconde en seconde mon existence se prolonge dans l'éterni.



Je regarde autour de moi. Il y a du sang. Beaucoup. Maman a dû souffrir énormément. C'est ma faute : je ne voulais pas partir. Ça n'a pas dû lui faciliter la tâche. Console-toi petite maman, le fruit de tes dures épreuves est enfin r, si tu veux me serrer dans tes bras je me laisserai cueillir.
Après l'orage vient le beau temps ; cette grossesse t'a foudroyée, me voici un soleil.


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Par Chako Noir - Publié dans : la plume au chako - Communauté : Ecrire
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