Dimanche 13 avril 2008
[intro]
Quand j'essaye de faire des rimes
Autant vous dire que je trime.
Je préfère de loin le rhum
Mais tous les chemins mènent à Rome!
En voici donc deux bien pourries,
Justifiant ce que j'ai écrit.
Comment ramer pour mieux rimer
Je vous l'avais dit c'est pas gagné.
Je livrerai juste en deux mots
Quelques amusants propos
Enfin amusants je l'espère
De vos jugements je ne suis pas le père
(celle-ci est bien tarabiscotée!)
Enfin bref à prendre ou à laisser.

J'ai l'air de me jeter des fleurs si vous croyez ça c'est le bouquet
Certes j'apprécie les narcissses mais je leur préfère les pensées.




















Je n'ai pas ma langue en poche, lisez donc le vers suivant :
Si les paroles s'envolent, je suis un garçon dans le vent!


And last but not least
Le dernier de la liste

Je ne recherche pas l'âme soeur, j'aurais trop peur de l'inceste.
Et je n'aime guère les hôpitaux, que je fuis comme la peste.


Voilà c'est tout pour aujourd'hui
Mais je reviendrai c'est promis
=)



par Chako Noir publié dans : des choses et d'autres communauté : Les mots dans tous leurs états
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Samedi 12 avril 2008

Entreprise familiale. Je ne sais pas qui fut le premier. Qu'importe, seule la saveur est importante. Bouilleur de cru, déjà octogénaire. Dire qu'à trente ans le il te faisait tournoyer, virevolter, exploser en mille merveilles mielleuses en devenir, mille gouttelettes d'eau de vie, pure et limpide, transparente et immaculée, mille perles de diamant brut qui coulaient paisiblement dans la tonnelle. Et te voilà aujourd'hui à l'âge d'or. Un demi-siècle d'âge, et sublime. Ta robe d'ambre, miel d'or et de cuivre, silencieuse et immobile, repose derrière le cristal. Onctueuse et voluptueuse. Grand-père peut être fier de toi.
F
ier, il l'est assurément. Toutes ces années il t'a chérie, depuis cette vigne qui t'a portée jusqu'à cette enveloppe de verre qui contient toute ta beauté, ta grâce et enfin ton goût aux couleurs innombrables et aux saveurs innommab
les.
C'
était il y a bien longtemps q
ue tu es née. Ma mère elle-même n'était pas encore de ce monde. Tu étais un embryon de raisin. Et lui qui parcourait de long en large ta matrice, ta nursery, ta vigne dont tu ne dois même plus te souvenir, qui s
ait ?
Grand-père
était jeune, vert, la trentaine, car à la trentaine on est encore vert - sans être non plus un bleu cela va de soi. Il était tout autour de toi et de tes sœurs - ou de tes frères, qui sait? Autour de toi, à te choyer, t'admirer, te soigner, te regarder grandir et mûrir, petit grain verdâtre, jusqu'à ce qu'enfin tu revêtes ton habit doré et que, rondouillard et épanoui, il puisse te prendre ainsi que tes compagnons dans le creux de sa main et vous sourire, sans peut-être se douter que cinquante ans plus tard il vous sourirait à nouveau, tenant dans sa main toujours votre linceul, vitrine de vos vertus exposées avec panache au grand jour, délicieuses et désirables, satisfactions de toute une vi
e.
Et
puis il vous repose délicatement dans votre sarcophage pourpre et or, pour s'en aller chérir vos frêles descendants, petits fétus agglutinés sur une grappe. Et croyez bien qu'il les aime autant qu'il vous a aimés. Peut-être même plus encore, car il sait que cette génération est l'une des dernières qu'il verra, alors il lui offre toute l'affection qu'il lui est permis de donner.
par Chako Noir publié dans : la plume au chapeau communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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Vendredi 11 avril 2008
Moïse, Jésus, Marx, Freud et Einstein sont parmis les Juifs les plus illustres de l'Histoire.
Moïse a dit : "Toute la vie est gouvernée par la Loi"
Jésus a dit : "Toute la vie est gouvernée par l'amour"
Marx a dit : "Toute la vie est gouvernée par l'argent"
Freud a dit : "Toute la vie est gouvernée par le sexe"
Einstein a dit : "Tout est relatif"


- tiré du livre "Humour-thérapie" de Moussa Nabati
par Chako Noir publié dans : des choses et d'autres communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 10 avril 2008

1073 après DD’DD, 211 Calvin Street, 7h35 du matin


- Chéri, le réveil a sonné…
Mark grommela en guise de réponse.
- Chéri, le réveil a sonné je te dis…
- C’est bon, j’y vais, j’y vais…
Ludmilla était une épouse aimante, mais lorsque il s’agissait d’obéir aux ordres du réveil matin, elle était intransigeante. Mark serait bien resté un peu plus…
- Un petit câlin avant d’y aller ?
- Contente-toi de t’habiller, tu vas être en retard.
Elle lui donna un baiser fugitif, l’espace d’une demi seconde, et s’en retourna vers son oreiller. Pas la peine d’insister, Mark se saisit de son pantalon et entreprit de l’enfiler à peu près correctement, les yeux encore embués d’un rêve quelconque dont il ne se souvenait déjà plus. Il tituba tant bien que mal jusqu’à la cuisine, tâtonna sur le mur à la recherche de l’interrupteur… La lumière lui arriva en plein dans les yeux avant qu’il n’ait atteint quoi que ce soit. Pourquoi diable cherchait-il un interrupteur ? Il était le premier à savoir que l’allumage se faisait par des capteurs posés au sol pour détecter les pas de l’usager, puisque il était lui-même poseur de capteurs. Etrange… Les interrupteurs, ça ne sert qu’à dérégler ce qui fonctionne déjà, pas à activer quoi que ce soit. Les interrupteurs, ça coupe le jus. Ça stoppe les procédés bancaires, ça éteint des fours en marche, ça prive de lumière les bâtiments, ça empêche la machine à café de faire du café…
« Café », maugréa-t-il. Aussitôt un sifflement de la part du préparateur. Une tasse glisse du rangement et s’empresse d’aller recueillir le liquide bouillant qui s’écoule prestement du préparateur. Dans le même temps, deux toasts surgissent du cuiseur, aussitôt recouverts de gélatine petit-déj couleur cobalt par le préparateur, dont le bras bionique s’empresse de retirer le lard de la plaque rotative du cuiseur pour le poser sans délicatesse sur une assiette surgie derrière la tasse. Trente secondes chrono, ce robot-cuisine commençait vraiment à dater. Mark songeait grandement à se procurer la nouvelle version : de meilleures performances, plus de contenance, un plus grand choix de préférences… le réglage de température des crèmes glacées, notamment, était l’un des nouveaux aspects les plus attrayants. La veille encore, il avait trouvé trop froid son sorbet orange-bleu. Et aujourd’hui le café était trop chaud, les toasts pas assez grillés, de la gélatine avait coulé sur le bord de l’assiette… lorsque la machine annonça d’une voix éraillée « La jauge de café est vide », Mark décida que lorsque il irait faire ses achats, non seulement il prendrait du café, mais aussi un nouveau robot-cuisine. Il n’en pouvait plus de celui-ci. Et puis la voix éraillée lui passait par dessus la tête. Mark n’avait pas acheté le kit vocal avec le robot, il s’était dit que c’était à la fois futile et pas indispensable. Du coup il était tombé sur cette voix rauque, éraillée, métallique. Certainement une volonté des concepteurs pour obliger les consommateurs à se procurer le kit vocal. Au moins dans la dernière version, le kit vocal n’était pas vendu séparément car directement intégré à la machine.

Mark bu son café machinalement tandis que le mur incurvé débitait ses informations matinales en trois dimensions. Il n’écoutait même pas. Le programme « Café » prévoyait l’allumage de l’écran, mais Mark n’en avait cure. Il songeait plutôt à son geste. Pourquoi avait-il recherché un interrupteur sur son mur ? Il se leva prestement avant même d’avoir fini son café, dont il renversa par inadvertance quelques gouttes sur la nappe, qui s’autonettoya à l’instant même, comme convenu. Tout était toujours convenu, jamais un dérèglement possible de chaque programme. Sauf pour celui qui possédait un interrupteur, bien entendu.

Mark se saisit de son casque télépathe multifonction. Il s’était toujours demandé pourquoi on donnait l’appellation « multifonction » à ce casque, puisque chaque objet de la vie courante était multifonctionnel. Peut-être était-ce dû au fait que, en plus du téléphone, de la visionneuse infrarouge et de la caméra ce casque-ci faisait aussi office d’épilateur de sourcils… Peu importe, et puis pourquoi se poser une question aussi stupide après tout ?
Réfléchir trop peut donner mal au crâne, c’était l’une des maximes du Donald Dawkins’ DoomsDay, alias DD’DD, la Bible des temps modernes. « Défragmentation de la mémoire », demanda Mark, et aussitôt le scanner se mit en marche, sondant son esprit comme s’il était infecté. Une fois la cible repérée, le nettoyeur psychologique détruisit le récent souvenir, tel une punaise écrasée du talon. Une punaise écrasée du talon ? Qu’est-ce que c’était que cette phrase, se demanda Mark. Le nettoyeur la pulvérisa également. Le casque annonça « Fin de la défragmentation ». Mark le reposa, apaisé. Il ne se rappellerait plus de ce geste effectué à tâtons vers un interrupteur imaginaire quelques minutes plus tôt.

Il vida la tasse, ingurgita ses toasts en vitesse, laissa le lard dans l’assiette et enfila son pardessus. Son transport n’allait pas tarder à sonner à la porte.



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par Chako Noir publié dans : la plume au chapeau communauté : Ecrivains et vains écrits !
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